orgueil et préjugés

Mme Bennet a un seul but : marier ses cinq filles, Elisabeth, la deuxième, n’étant pas la prioritaire selon elle « elle est beaucoup moins jolie que Jane, et n’a pas la vivacité de Lydia ». Mais pour son père, Elisabeth a quelque chose en plus, elle a « un peu plus d’esprit que ses sœurs ».

Elisabeth n’a effectivement pas sa langue dans sa poche, a un regard plus acerbe sur le comportement des autres, et lorsqu’elle rencontre Mr Darcy, elle le juge rapidement comme quelqu’un ayant une haute opinion de lui-même et de sa position sociale voire pédant. Aussi quand, contre toute attente, Mr Darcy lui déclare sa flamme, certes maladroitement, il est durement éconduit.

« En vain ai-je lutté. Rien n’y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l’ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime. »

« Son inclinaison s’était toujours violemment heurtée, disait-il, à la conscience de commettre une mésalliance et à l’obstacle que représentait la famille d’Elisabeth. »

« Je pourrais aussi vous demander, répliqua Elisabeth, pourquoi, avec l’intention évidente de me blesser, vous venez me dire que vous m’aimez contre votre volonté, votre raison et même le souci de votre réputation. N’est-ce pas là une excuse pour mon impolitesse- si impolitesse il y a ? »

Mais, petit à petit, Elisabeth apprend à mieux connaître Darcy, en particulier au travers d’actes généreux rapportés par des amis ou de la famille, et voit ses sentiments changer, d’autant plus que le bonheur de sa chère sœur aînée est aussi au rendez-vous. Un face à face final permettra de dissiper tout malentendu, toute parole malheureuse exprimée sous l’influence d’orgueil et de préjugés.

Ce n’est pas seulement un roman d’amour que nous livre ici Jane Austen, c’est avant out une description sans artifice ni complaisance d’une période, des liens d’une famille. Les filles ne pouvant pas hériter de leur père à cette époque, il faut absolument les marier avec un « bon parti » pour assurer leur avenir, au prix d’un mariage sans amour, du moment que les caractères peuvent s’entendre c’est suffisant. Lorsque Elisabeth refuse d’épouser son lointain cousin, héritier de son père, sa mère en est catastrophée. Mais ce n’est rien par rapport au scandale suscité par la fuite de Lydia avec un soldat criblé de dettes, situation arrangée discrètement par Darcy. Elisabeth refuse de freiner sa personnalité pour se plier aux principes de son époque et son mari devra l’accepter comme cela. Mais quand l’amour est en accord avec ses propres principes, elle y cèdera enfin.

J’ai à nouveau apprécié l’écriture de Jane Austen, mêlée de romanesque, d’humour et surtout d’un regard caustique sur la société de son époque.

Mois anglais, challenge "Un classique par mois" chez Stéphie

Challenge-classique-4

mois anglais 2014